Ostéopathie et posturologie du sportif

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Amis triathlètes, amis cyclistes, accro du vélo ou encore adeptes des petites balades, lâchez votre passion 5 minutes, cet article est fait pour vous. Vous avez déjà entendu parler de posturologie, peut être par votre ostéopathe, mais vous ne connaissez pas exactement son intérêt. A travers cet article, nous aborderons brièvement les grandes lignes de la posturologie et son importance dans le schéma ostéopathique, puis nous analyserons plus spécifiquement la posturologie du cycliste grâce à l’expérience de Nick Marshall, passionné et spécialiste du rééquilibrage physique du sportif.

 

La “postu quoi” ? Qu’est ce donc ?

Au risque de vous décevoir, la posturologie, ce n’est pas seulement devoir se tenir droit pour ne pas créer de douleur ; il y a beaucoup de variantes à prendre en compte, encore plus chez le sportif en ajoutant l’effort physique et le matériel apporté (vélo, et chaussures dans ce cas là).

Ce n’est pas non plus une thérapie, votre ostéopathe ne vous traitera donc pas grâce à la posturologie, mais l’étude de votre posture lui permettra en fait d’établir une partie de son diagnostic. Cette dernière servira d’outil, comme un nutritionniste pourrait utiliser un pèse-personne. Cet outil permettra à votre ostéopathe de déterminer l’origine et la cause de certaines de vos douleurs.

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En posturologie, on va en fait vérifier l’équilibre, la stabilité, ou encore la stature de votre position dans l’espace. Pour cela, la posturologie considère que plusieurs facteurs seraient déterminants pour la configuration de votre positionnement. On appelle ces éléments, les entrées posturales :

  • occulaire : les yeux
  • vestibulaire : l’oreille interne pour l’équilibre
  • mandibulaire : vos dents, et l’articulation de votre mâchoire
  • podale : les informations venant des pieds
  • les informations de la peau: les posturologues regardent énormément les cicatrices qu’ils considèrent potentiellement perturbatrices, ainsi que les piercings.

Dans le cadre de vos activités professionnelles nous parlerons plus d’ergonomie, que de posture. Mais il s’agit en fait de votre posture dynamique; c’est-à-dire votre posture en mouvement pendant une activité.

 

Cependant, l’étude de la posturologie permet non seulement d’avoir une position dans l’espace, mais aussi et surtout d’avoir une BONNE position ! Cela vous semble un peu étrange, « tout le monde » est capable de se tenir sur ses 2 pieds par exemple ?! Et bien non. Car si vous tenez en effet sur vos deux pieds, il n’est pas certain en revanche que vous vous teniez « correctement » sur vos 2 pieds, et toute la nuance est là.

L’ostéopathe de part son principe de prise en charge dans la globalité, utilisera donc la posturologie comme outil d’observation pour déterminer les différentes chaines lésionnelles du patient.

La posturologie chez le cycliste

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Que vous soyez sportif du dimanche ou sportif assidu, voir professionnel, la bonne position à l’effort sera celle qui vous permettra de pratiquer votre sport sans autres douleurs que celles engendrées par l’intensité de l’effort en lui même, et ceux, dans n’importe quel activité ; pour notre cas nous observerons les cyclistes.
« Toute douleur est anormale et doit être traitée comme telle. »
En fait, le cyclisme étant un sport « dur », les cyclistes pensent qu’avoir des douleurs est une chose normale. C’est totalement faux et l’amélioration de la performance passe par la possibilité de poursuivre les efforts plus longtemps sans douleur.

Travailler sa posture sur le vélo vous permettra :

  • D’éliminer les contractures musculaires lombaires et cervicales
  • De limiter le “feu aux pieds”
  • De supprimer les tendinites
  • De favoriser le confort et le rendement
  • De permettre le meilleur aérodynamisme nécessaire à la performance
  • D’augmenter le rendement
  • D’augmenter le plaisir

« Un meilleur appui pour une meilleure transmission de la force », nous dit Nick

=> Cet article vous plait ? Retrouvez notre autre article sur l’optimisation, grâce à l’ostéopathie, de la performance chez le sportif ! <=

Analyse posturale selon Nick Marshall

Australien de naissance, Nick revêt plusieurs casquettes, toutes complémentaires entre elles : prof de yoga, coach de respiration, et de rééquilibrage physique et mental adapté au sportif ; lui conférant des qualités d’analyses et de conseils impressionnantes. (Découvrez en plus sur ses activités sur son site).

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  • Observations

Son étude posturale commencera d’abord par un petit interrogatoire et une observation globale du cycliste, hors vélo. Ce moment est important pour comprendre le comportement général du sujet, sa façon de se mouvoir dans l’espace.

Il passe ensuite aux tests « physiques », un permettant de quantifier un déséquilibre droite/gauche lors de la posture debout (test réalisé à l’aide de deux balances sur lesquelles reposent les pieds droits et gauches ; le poids indiqué sur les deux balances devrait être identique, sauf en cas de déséquilibre postural, où il y aura une latéralité) ; l’autre testant les tensions musculaires ascendantes (grâce à un simple étirement en allant chercher ses pieds ; s’il y a un décalage droite/gauche des mains, cela indique des inclinaisons/rotation des ceintures pelviennes et/ou scapulaire, ou de simples tensions musculaires. En cas de résultat positif, et pour éliminer les tensions musculaires, un petit exercice grâce à une balle de tennis sous le pied sera nécessaire avant de refaire le test).

Enfin, une fois tous ces tests réalisés, mise en place du vélo sur le home trainer, et analyse en condition, directement sur le vélo, du cycliste en action. Après quelques minutes, le schéma se dégage, et les réglages peuvent commencer.

  • Réglages

Bien entendu nous ne pourront pas décrire une situation détaillée dans cet article, car chaque cycliste est différent, possède un matériel différent, des problèmes et des antécédents personnels uniques. L’analyse est les réglages se doivent donc d’être personnalisés « au millimètre ».

Cependant son axe de « traitement » du cycliste s’orientera autour du bassin et de la respiration. La raison est plutôt simple, l’appui podal de la position debout étant supprimé, nos points de contacts avec le « sol » seront donc directement les ischions sur la selle, et nos mains/avants-bras sur le guidon.

Idéalement, les ischions Droits et gauches doivent reposer de la même manière sur la selle, permettant une stabilité du bassin. Cette stabilité apportera une libération des muscles du bas du dos, et une capacité de puissance dans les jambes augmentée et symétrique. Les mains quant à elles (ou avant-bras lors de la position sur le prolongateur) devront être positionnées à bonne distance de ce bassin, afin de relâcher les muscles inter-scapulaires, le haut du dos, la nuque. Ceci permettra une libération des voies respiratoires, donc une meilleure oxygénation globale.

Globalement, il privilégiera une selle adaptée aux ischions du cycliste, pas trop inclinée vers l’avant (contrairement à ce que vous pourrez entendre de temps en temps, cela provoquant un glissement du bassin et donc une instabilité). Ainsi qu’une selle pas trop haute (la tendance étant l’achat de vélo légèrement trop grand, provoquant une mauvaise posture).

Un cintre à bonne distance de la selle pour que lors de la prise en main, le cycliste ait les bras « cassés », renforçant ainsi l’appui sur la selle.

Des cales de chaussures réglées plutôt sur l’arrière de la tête des métatarses, plutôt que sur l’avant ou sur la tête ; ceci permet notamment de ne pas casser le pied lors du changement de phase de pousser et de traction (l’idéal étant que le pied garde un certain parallélisme avec le sol quelque soit le moment du pédalage).

Des prolongateurs pas trop serrés (fermant la cage thoracique et empêchant les respirations), légèrement inclinés vers le haut pour libérer d’avantage les voies respiratoires.

Bien entendu, tous ces réglages doivent être adaptés et répondre à une observation précise du cycliste. Ce n’est pas en baissant votre selle et en l’avançant que toutes vos douleurs disparaitront.

Notre article arrive à sa fin, que de choses à dire et expliquer sur ce sujet passionnant, nous avons pris le cas du cycliste, mais pour un coureur, un nageur l’analyse sera tout aussi pointue !

  • Astuces

Pour terminer, nous avons demandé à Nick 3 astuces que tout le monde peut mettre en place au quotidien et dans son activité physique pour l’améliorer :

  • rouler une balle de tennis sous les pieds 2 minutes/jour (permet de relâcher les tensions globales musculaires et fasciales de la chaine posturale ascendante).
  • Faire des fentes pour muscler de manière homogène et étirer l’ilio-psoas (permet de relâcher les tensions lombaires et sur le bassin global).
  • Respirer par le nez (En plus du côté apaisant de la respiration par le nez, la capacité pulmonaire en sera augmentée, et améliorera la condition cardiaque).

 

Article rédigé par Pierre-Louis Billant – Ostéopathe D.O. – Cycl’ostéo Nice

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