Comment préparer au mieux mon futur accouchement avec mon ostéo ?

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Une grossesse dure neuf mois, et comme le temps est relatif, ce temps peut passer à la vitesse de l’éclair tout comme être d’une longueur infinie… Pour votre corps, l’état de grossesse entraîne une série d’adaptations physiologiques très importantes afin de soutenir la croissance de votre futur bébé. Ces adaptations entraînent parfois des symptômes plus ou moins gênants, pouvant être significatifs d’une dysfonction mécanique.

 

Mal au dos avant d’accoucher, c’est normal ? 

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Le corps féminin, va connaître une série d’adaptations qui vont concerner plusieurs plans de l’organisme :

– Des adaptations hormonales, lors de la phase embryonnaire puis pour soutenir la création des organes du futur bébé, et enfin lors de la phase de croissance des tissus du fœtus. Ces hormones qui créent un tsunami corporel, vont engendrer des remaniements cérébraux et physiques de la future maman pour la « préparer » à la venue du bébé.

– Des adaptations liquidiennes : pour augmenter l’apport sanguin au bébé via le placenta, il y a augmentation de consommation d’oxygène, augmentation du débit cardiaque, augmentation de la filtration rénale. En tout, on constate une augmentation de 25 à 40% du débit sanguin !

– Des adaptations digestives : ralentissement de la mobilité intestinale par relâchement de tous les muscles lisses en lien avec la progestérone, relâchement du sphincter de l’estomac, donc il y aura plus de risques de constipation et de reflux acides. Tous les organes abdominaux vont être refoulés par la croissance de l’utérus vers le haut et l’avant, ceci entraînant une adaptation du diaphragme et une limitation de ces mouvements. L’utérus, lorsqu’il est gêné dans sa montée abdominale par des limitations de mobilités des autres viscères, va être en position de contrainte mécanique et va envoyer des signaux nerveux dont le symptôme peut être une douleur du bas du dos ou dorsale. Ces douleurs ne sont donc pas à sous-estimer car elles traduisent souvent un signal d’alerte et peuvent entraîner des complications foeto-maternelles dans la poursuite de la grossesse.

– Des adaptations ligamentaires : les ligaments qui soutiennent l’utérus vont également être étirés, ceci pouvant entraîner des douleurs et des problèmes de mobilité du bassin.

– Des adaptations posturales: la femme enceinte est mécaniquement entraînée par l’utérus vers l’avant, et aura tendance à compenser ce mouvement par le fait de se maintenir vers l’arrière. Les courbures de la colonne vertébrale vont être sollicitées et exagérées, cela pouvant entraîner des douleurs de dos et des problèmes de mobilité de certaines vertèbres.

– Des adaptations émotionnelles et psychiques : durant neuf mois, la femme se prépare à devenir mère, et la préparation psychologique à l’accouchement n’est pas à négliger. La venue au monde se prépare dans un climat de lâcher-prise et d’absence de contrôle. Pour amener son bébé vers la vie extra-utérine, la femme doit s’abandonner au lâcher-prise et ne doit plus réfléchir. Ne pas accepter cet abandon physique peut amener à retarder le réflexe expulsif.

 

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Les troubles qui appellent la consultation ostéopathique 

 

Ainsi, les maux de la grossesse ne doivent pas être sous-estimés car ils peuvent être le reflet d’une difficulté d’adaptation mécanique de la posture à l’utérus qui grandit. Certains signes peuvent appeler une consultation tels que, des douleurs de dos, sciatalgies, des gênes pour respirer, des soucis de sommeil, si le bébé a un retard de croissance, s’il est placé bas, s’il y a des contractions prématurées, s’il y a une sensation de pesanteur pelvienne, s’il y a des douleurs issues d’un précédent accouchement (cicatrice d’épisiotomie, césarienne). De manière générale, le suivi peut débuter au quatrième mois pour le bon déroulement de la grossesse, ce, sans attendre les symptômes gênants.

Une préparation mécanique à l’accouchement

L’accouchement, en tant que tel, nécessite une liberté de mouvement du bassin importante :

En effet, le bébé va réaliser sa descente dans le bassin en passant d’abord dans le « détroit supérieur », la grande circonférence de l’anneau pelvien. C’est ce qu’on appelle « l’engagement » Le sacrum, dernière pièce de la colonne vertébrale, doit pouvoir être libre entre les iliaques pour laisser passer le bébé.

Ensuite, pour franchir l’anneau inférieur du bassin, le coccyx est rejeté en arrière et le sacrum s’ horizontalise, ce qui permet le passage de la tête du bébé hors du cadre osseux. Plus on sera libre de cheminer et de se mobiliser durant le travail, meilleure sera la mobilité du bassin.

La prise en charge ostéopathique va accentuer le travail sur cette mobilité du bassin, et en complément certains exercices simples peuvent vous être recommandés par votre ostéopathe pour préparer cette mobilité du bassin.

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La préparation à l’accouchement : une prise en charge globale

La préparation ostéopathique à l’accouchement comprend en général un suivi en deux à trois séances étalées à différents moments de la grossesse, en général au quatrième, sixième et huitième mois. Selon les symptômes et s’il y a des complications médicales, le suivi ostéopathique peut être mensuel et venir en complément du traitement médical.

« Faire de la place au bébé » est une image que j’utilise souvent auprès des mamans, car comment être à l’aise in-utéro si l’utérus est contraint dans son expansion ? De plus, les temps de consultations, en plus de libérer les restrictions de mobilités par des techniques douces, libèrent aussi la parole et les émotions. Pour favoriser un accouchement harmonieux, un lâcher-prise émotionnel est nécessaire, et si la peur est au rendez-vous, les sécrétions hormonales d’ocytocine, hormone de la contraction utérine, mais aussi de l’attachement, de la confiance en soi, seront contrecarrées par la sécrétion d’adrénaline, qui mettra la maman dans un état d’extrême vigilance ce qui nuit au déroulé physiologique de la naissance. Ainsi pour résumer, on peut dire que plus le corps est prêt, mieux on se sent lors de la naissance et dans les suites.

Ainsi, se préparer à l’accouchement en ostéopathie, c’est préparer le corps et l’esprit, car plus on est à l’aise dans son corps, plus l’enfant sera accueilli sereinement.

 

 

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